Diffusion du sport sur les plateformes OTT : quand les ligues et les fédérations se passent de la télé

Marché
Feb 20, 2020
À l'heure où les acteurs de la télévision payante se livrent une véritable guerre pour l'acquisition des droits TV des principales compétitions sportives, les ligues et les fédérations se penchent de plus en plus sur l’OTT (Over-The-Top) pour proposer leur contenu à leurs fans en se passant des diffuseurs traditionnels.
Contenu vidéo sport diffusé en OTT

Plus de chaînes de sport mais moins de sports diffusés

En France, la diffusion du sport à la télévision répond à un paradoxe : il n’y a jamais eu autant de chaînes de Pay TV dédiées au sport et pourtant de nombreux sports disparaissent du petit écran. Face à la concurrence de ces chaînes pour recruter des abonnés, le marché s’est concentré ces dernières années autour des droits premium (football, rugby, formule 1) alors que les droits non-premium (handball, volley, basket et tous les autres sports) se retrouvent délaissés par ces mêmes chaînes car ils génèrent peu d’abonnements, réalisent peu d’audience avec un coût de production non négligeable. Alors pour ceux qui n’ont pas la chance de voir leurs droits TV être renouvelés auprès des diffuseurs, ils se tournent vers un nouveau mode de diffusion pour continuer d’exister, diffuser leurs contenus sportifs en OTT en créant leur propre plateforme. Les objectifs sont multiples : continuer de proposer des retransmissions sportives en direct, en s’adressant à un public plus jeune (64 % des jeunes de moins de 25 ans préfèrent consommer du sport dans l'univers digital que sur la traditionnelle télévision*) avec la possibilité d’accéder aux données des fans.

Droits non-premium : diffuser le sport en OTT pour exister à l’échelle nationale

Le véritable tournant, en France, a lieu en 2018, lorsque La Chaîne L’Equipe ne renouvelle pas son contrat de diffusion de la Ligue Nationale de Volley (LNV) pour la diffusion de la première division (masculine et féminine). Alors pour continuer de proposer des images aux fans, la LNV créée sa propre Web TV par abonnement, qui deviendra rapidement une plateforme OTT, en diffusant l’intégralité des matches des 3 principales divisions. Le dispositif est simple : trois caméras mobiles et automatisées, placées de part et d’autre du terrain, ainsi que dans l’axe du filet. L’objectif est de pallier l’absence de diffuseur en continuant à générer des revenus et proposer du contenu aux supporteurs avec des moyens de production réduits. Produire des images de son sport, c’est aussi continuer à le faire exister à travers les différents supports. Ce concept a fait des émules. Alors que le contrat entre la Ligue Nationale de Basket-ball (LNB) avec son diffuseur RMC Sport prend fin en 2020, Michel Mimran, président de la LNB, explique : « Nous réfléchissons à une chaîne OTT. L’échéance peut être rapide, mais tout dépendra de l’issue de la négociation que nous avons aujourd’hui avec les diffuseurs ». Aujourd’hui, toutes les salles des trois principales divisions de basket-ball sont équipées du système développé par Keemotion, des caméras automatisées utilisant la technologie de détection de mouvement. Tous les feux sont au vert pour tenter l’aventure de l’OTT.

Droits premium : l’OTT pour exister à l’international

Si la Ligue de Football Professionel (LFP) possède avec la Ligue 1 le droit sportif le plus cher de l’hexagone, elle est toujours en quête d’une augmentation de ses revenus internationaux. Pour cela, elle a annoncé la volonté de créer sa propre plateforme OTT d’ici l’été prochain. « C'est un projet international, en allant proposer directement l'appli sur des marchés où la Ligue 1 n'est pas diffusée aujourd'hui, comme la Belgique, la Pologne, les Pays-Bas... Dans ces pays, il y a souvent une situation de monopole et les sommes qui nous sont proposées ne nous conviennent pas » explique Didier Quillot, le directeur exécutif de la LFP. L’idée est d’exister dans les pays où ce n’est pas le cas mais aussi de concurrencer les diffuseurs étrangers actuels si les sommes versées ne conviennent pas. De son côté, la Fédération Française de Tennis (FFT) lancera en mai prochain une plateforme OTT au Brésil pour diffuser Roland-Garros en concurrence directe avec le diffuseur local. Cette diffusion internationale est essentiellement un moyen d’augmenter ses recettes.

Aujourd’hui, les plateformes OTT sont une véritable opportunité pour les ligues et les fédérations. Dans son enquête annuelle 2019 sur l’industrie du sport, PwC a interrogé 600 décideurs mondiaux sur les principaux avantages liés à la mise en oeuvre d’une plateforme OTT pour les détenteurs de droits. Six critères ressortent par ordre d’importance : la possibilité d’accéder aux données des fans arrive en tête, que ce soit pour les exploiter à des fins commerciales (80,1%) ou pour recueillir des idées en vue d’améliorer les produits (70,4%), puis arrive la capacité à élargir sa portée générale et son audience (70,1%), la possibilité d’obtenir des revenus supplémentaires issus du sponsoring et de la publicité (63%) et enfin d’avoir une offre complémentaire des diffuseurs linéaires traditionnels (61,1%) et d'accroître ses revenus par l’abonnement (58,5%). Les perspectives sont donc multiples. On pourrait ainsi imaginer à l’avenir que ces plateformes OTT soient proposées à des tarifs préférentiels pour les licenciés des clubs, ou même sous forme de bundle à l’achat de la licence. Aujourd’hui, les ligues et des fédérations sont à la recherche de moyens habiles pour créer des relations directes avec leurs fans et acquérir une connaissance approfondie de leur audience. Un objectif que pourrait remplir, au moins partiellement, leur plateforme OTT.

*Une étude Nielsen menée en 2018

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